Dans l’exposition « Essence », Ugo Schildge explore des relations complexes, profondes, paradoxales ; celles qu’entretient l’Homme avec la Nature. Des rapports de réciprocité à la fois vertueux, fragiles parfois dangereux voire destructeurs qui touchent à l’essentiel.
C’est la Nature, dans toute sa splendeur et toute son ingéniosité qui constitue le cœur de même des œuvres exposées.

Dans le premier espace, les figuiers de barbarie qui accueillent avec éclat, c’est certain, mais avertissent également… Leur majesté réside aussi dans leurs défenses qui recouvrent les cladodes – cuticule céreuse et deux sortes d’épines. Présentés sous forme d’un triptyque et deux sculptures, les figuiers se déploient et se transforment. D’abord, vifs et flamboyants, ils semblent se cristalliser, entrer dans une phase de sommeil concordant avec des teintes plus douces aux accents hivernaux. Enfin, comme pour parfaire la transformation et leur mue un tableau semblable à une minéralisation mariée avec un camaïeu de couleurs irisées ; mordoré, cuivre, argent et noir tourmaline.

Ugo Schildge, Essence - Figuier de Barbarie (Superzoom, 2020)

Ugo Schildge, Essence - Figuier de Barbarie (Superzoom, 2020)

La suite est prise par les tournesols, fleurs solaires par excellence qui démontrent le caractère mystérieux et réjouissant du monde végétal. Non contents de parfaitement se réguler en maximisant la quantité de soleil reçue lors de leur croissance afin d’assurer une photosynthèse optimale, le cœur de ces rayonnants intriguent par l’agencement – en spirales (sens horaire et antihoraire) si particulier des fleurons qui le compose. On y trouve toujours deux nombres consécutifs de la suite de Fibonacci soit  phi, le nombre d’or. Si les opinions divergent, on ne peut dénier l’harmonie qui en ressort, propre aux proportions d’or. L’œuvre, intitulée Champ de Tournesols, agencement de cinquante pièces individuelles, impressionne autant qu’elle fascine. Les matériaux « bruts » qui les composent (bois et béton) contrastent avec la légèreté, la volubilité et la douceur qui en émanent. Cinquante variations qui chacune porte le nom de son acquéreur afin de pérenniser les liens tissés.

Ugo Schildge, Essence - Champ de tournesols (close up) (Superzoom, 2020)
Ugo Schildge, Essence (Superzoom, 2020)

Néanmoins, en jetant un regard par-dessus son épaule, une installation inquiète. Sa place centrale, sa couleur noire immédiatement connotée, sa hauteur imposante ne sont pas étrangères à ce sentiment. Si l’Homme est absent, son œuvre destructrice, elle est bien présente, engrenage avide et implacable, provoquant crainte et  défiance dans tout ce qu’elle a d’antagoniste avec la douceur et la flore environnante.

Au sous-sol, une seconde salle abrite des œuvres qui figurent des rapports plus sereins, apaisés emplis de promesses. Parfois, la végétation accueille le regard, abrite les corps, plus éthérés, qui s’y fondent en harmonie – voire en symbiose. Les figures humaines deviennent des entités invitées. D’autres, figurent des liens non conflictuels, un usage équilibré et raisonné des ressources laissant place à d’innombrables moments de vie.

Ugo Schildge, Essence (initiative Superzoom)
16 Rue des Minimes 75003 Paris
Du 23 Octobre au 15 Novembre (sur RDV uniquement)

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